Nuit de veille, 1895
« Nous habitions alors en province un grand pavillon Louis XIII situé un peu à l’écart de la ville. Flanqué d’un avant-corps, il dressait ses hauts toits d’ardoise au fond d’un grand jardin aux cimes bruissantes, le vent de la mer ne les laissait jamais immobiles, et, sous ce perpétuel assaut, sapins, marronniers, avaient fini par s’incliner dans la direction de la vallée, un paysage charmant qui portait un nom plus charmant encore : Fécamp. Au-delà d’un pont que venaient baigner deux fois par jour les eaux de la mer, c’étaient le clocher de Saint-Etienne et les toits de la ville ».
Princesses d'ivoire et d'ivresse
«Le lendemain, aux premiers rais de l'aube, les prêtres d'Osiris trouvèrent le petit Pharaon mort, enlisé dans la boue, au milieu des cadavres et de l'immense pourriture amoncelée là depuis des siècles. Debout dans la vase, Narkiss avait été asphyxié par les exhalaisons putrides du marécage mais, enfoncé jusqu'au cou dans le cloaque, il dominait de la tête les floraisons sinistres écloses autour de lui en forme de couronne; et, telle une fleur charmante, son visage exsangue et fardé, sa face adolescente au front diadémé d'émaux et de turquoises se dressait droite hors de la boue et sur ce front mort des papillons de nuit s'étaient posés, les ailes étendues, et dormaient.»